| On veut nous délivrer un message à nous, jeunes générations.
Essayons d’y songer un instant. Quel Pourrait bien être ce message ?
-Est-ce un message de respect, de respect de notre planète, alors que le monde qui nous est légué est celui du réchauffement climatique et de la disparition de milers d’espèces ?
-Est-ce celui de l’égalité entre les hommes, dans une France incapable de lutter efficacement contre les discriminations ?
-Est-ce un message de liberté alors que plusieurs dissidents birmans viennent d’être condamnés à 65 ans de prison dans l’indifférence générale ou presque ?
-Est-ce un message d'espoir, alors que sur fond de crise financière, tout à un prix mais rien n’a de valeurs ? Nous savons déjà que c’est nous, les jeunes générations qui en feront les frais, par un peu plus de précarité encore, et que même si nous travaillons plus, il est fort probable que nous gagnerons moins.
-Est - ce enfin un message de justice et de dignité, dans un monde incapable d’enrayer la famine et dans une France ou chaque jour, des inconnus nous tendent la main ?
Mais ce qui se transmet est-ce vraiment un message ? Car un message c’est d’abord l’élément constitutif de toute communication. Et ce dont les jeunes générations ont besoin, ce n’est pas de communication, mais de valeurs.
De ces valeurs qui ont donné à des hommes et des femmes une capacité d’indignation contre ce qui les a heurtés, et une détermination à œuvrer inlassablement pour des causes qui leur semblaient justes et importantes.
Ces valeurs, certainement Elie Wiesel fait partie de ceux qui nous les transmettent. Et il n’a eu de cesse de les défendre avec compassion et parfois avec colère :
-Valeurs de respect de celui qui régulièrement réuni les prix Nobel pour réfléchir à l’avenir de notre planète.
-Valeurs d’égalité entre les hommes de celui qui inlassablement à défendu les refugiés cambodgiens ou les Juifs D’Union Soviétique.
-Valeurs de liberté de celui qui a dit « tant qu’un dissident est en prison, notre liberté ne sera pas vraie ».
-Valeurs d’espoir. Et notamment au travers de ces livres. De « la nuit » au « Cas Sonderberg », Il n’a cessé de nous en parler.
-Valeurs de justice et de dignité de celui qui a été salué par le prix Nobel de la paix.
Je me souviens de vos propos prononcés à la Sorbonne il y’a deux ans.
Vous aviez dit à mon prédécesseur « Vos combats sont les miens, et je vous soutiendrai toujours ».
Notre combat Monsieur Wiesel, c’est d’abord celui que nous menons contre le racisme par des opérations grand public et par un travail de fond, notamment dans les collèges.
C’est aussi celui de la promotion de la paix au Proche orient en laquelle nous ne cessons d’espérer .C’est également une lutte pour préserver la mémoire, par un inlassable combat contre le négationnisme, et par notre volonté d’organiser chaque année une cérémonie commémorative du génocide des Tutsi au Rwanda.
C’est enfin un combat pour que la France demeure fidèle aux principes républicains en nous opposant aux tests ADN ou en rappelant notre attachement à la laïcité
M. Wiesel, nous sommes fiers de vous compter à nos cotés dans tous ces combats.
Car avant toute chose ce que vous nous démontrez, c’est la capacité de se tenir debout en toutes circonstances.
Quelque soient les valeurs auxquelles nous voudrons nous référer, que celles-ci nourrissent notre engagement, à nous les jeunes générations, et que sans coup férir nous menions nos combats.
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